Plage préférée

J’ai bien souvent parlé ici de ma plage préférée. Plage de gays, familles nordiques et divers ratons laveurs, avec un point commun : tout le monde est à poil. A 5′ du village le plus proche et sa grande plage (à vendre) couverte de parasols et de chaises longues. Pas encore trop. Et plutôt exceptionnelle comme plage de village, puisque séparée de la zone habitée par une magnifique roselière, de petits dunes, et pas mal de tamaris (à vendre, à raser, à détruire, à bétonner).

Sur la mienne, de plage, pas mal de gens viennent depuis 10, 20, voire 30 ans. Passer quelques jours mais parfois des mois, comme mon ami Derek dans sa grotte. Y vit même un grec à l’année, dans une grande grotte beaucoup plus haut dans la vallée. Juste en aplomb de la plage, un village néolithique, fouillé en son temps, dont ne restent que les excavations des fouilles, quelques murs d’époque et un panneau salvateur indiquant qu’ici il y a un site archéologique : c’est peut-être (peut-être) ce qui sauvera ce paradis de la dinguerie bétonneuse. Et, chose absolument rarissime sur l’île, et même carrément unique, il y a une source d’eau douce plus en amont dans la vallée, en eau même au plus fort de l’été, et qui irrigue une vraie petite jungle  jusqu’à la plage : sur une île réputée pour son absence d’eau, c’est remarquable ! Et, heureusement, cette source est « notre » secret, peu de gens ont la curiosité de suivre le petit sentier qui démarre depuis la plage dans les roseaux et les herbes rongées par le sel, le vent et le soleil… Je suis à peu près certaine que si la mer juste au bord est par endroit si froide (une sorte de douche écossaise sur les deux premiers mètres, pas désagréable maintenant que la mer est à 26°), c’est parce que l’eau de la source, qui est entrée dans le terrain quelque dizaines de mètres plus haut, ressort à travers le sable à ce niveau. Ce serait logique en tout cas.

La source montre des signes d’utilisation ancienne, elle est canalisée par de vilains bisses en béton, cassés assez vite (et donc l’eau rentre dans le sol directement), mais dont les restes conduisent à une énorme citerne dont je n’ai jamais réusi à trouver la fonction. Et plus près encore de la plage, un très grand puits, malheureusement utilisé comme poubelle à bouteilles en PET, et de toute façon pas nettoyé depuis des lustres. Mais il y a toujours un peu d’eau au fond. Il est probable que du temps du village néolithique, c’était un endroit fort habité et cultivé, donnant sur cette baie très tranquille et protégée du vent du nord (le meltem en été). Par contre, c’est plein pot quand il y a du vent de sud.

Visite :

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Sisi, il y a même un bananier !

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Et même un abricotier (ah, pardon, je peux pas m’empêcher, un abri côtier)

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De gauche à droite : laurel, bananier, lentisques, cyprès (géant, le cyprès), laurel (pikrodafni : laurier amer), et mes chers vitex agnus-castus / gatillier / lygaria qui embaument incroyablement l’air de cette vallée. Il y en a une vraie forêt !! Avec de vrais gros troncs… J’ai oublié de photographier un gros olivier (en fait « derrière » moi sur cette photo), plein de fruits magnifiques en hiver mais dont personne ne profite…

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La grotte de Derek, avec son fil où prendre le linge !

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La source :

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Les restes d’un bâti, avec un mur mi-gaulois mi-XXème…

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L’énorme puits :

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Le sentier de la plage à la source, à gauche la « maison du figuier » :

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… où installer à l’ombre et dans les senteurs de figuier et de gatillier la tente :

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Vous remarquez que la feuille de gatillier (à droite) fait étrangement penser à la feuille de chanvre. Mais elle n’est pas dentelée. Par contre, le feuillage froissé a une odeur assez voisine…

Le sentier, que si peu de monde a l’idée de remonter :

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Un autre lieu où poser la tente, vers le cyprès géant :

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La « cuisine » :

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Il y a même une autre source dans cette petite zone du cyprès, pas du tout utilisée hélas. Mais curée et nettoyée, pas de doute que ce serait un 2ème point d’eau !

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Toujours par là, ce qui me semble un bon « attrape-archéologue » : sachant qu’il y a de l’eau douce à 2 mètres, et un village néolithique à 50 mètres, aller gratouiller dans ces abris sous roche me semble un geste élémentaire !

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Trois de ces arbres avaient été plantés (par les fans de la plage) seul celui-ci a bien poussé (j’en ignore le nom) :

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Ses fruits :

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Un autre lieu pour poser la tente, un peu »aménagé » :

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Et là ci-dessous, j’y ai mis ma tente une année (et une autre vers le cyprès, et encore une autre dans la maison du figuier… que ça me manque de ne pouvoir au moins faire ça une semaine !! En fait, ça me suffit largement comme vacances, vivre une semaine dans ma tente, à poil, aller de temps en temps au village à 5′ boire un pot et manger une glace, loin des chats, loin de ma routine. En plus c’est très rigolo de passer des « vacances » sur son île… on la voit d’un autre oeil) – en saison, il suffit de tendre la main pour avoir le petit déjeuner de figues fraîches avec le café :

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La « sortie » de cette petite jungle, juste au-delà il y a la mer…

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En septembre, quand l’eau est tellement délicieuse que c’est un péché de ne pas y passer des heures…

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6 thoughts on “Plage préférée

  1. Merci Sylvie ! quelle est belle cette visite guidée aux allures botaniques avec, comme toujours tes petites tâches d’ humour pour colorer ton tableau. Ton lieu de villégiature fait penser à  » Manon des Sources  » en mieux puisque la mer est toute proche … Ah l’odeur des feuilles de figuiers ! Mon coeur de provençale adoptée par l’Ardèche se réjouit … Jolie découverte ton  » jardin presque secret  » Bon dimanche !

    • merci claudine !!! et pourtant, un genre de Papé, on l’a avec Tassos, l’ermite acariâtre qui vit plus haut dans la vallée ! ;-)
      je dois dire que remonter à la source avec les odeurs de figuier et de gatillier, c’est divin. et la bonne douche d’eau glacée debout sur les dalles à côté aussi. il y a même un petit champ de menthe quasi arborescente tellement elle profite de cette terre tout le temps humide.
      je suis désolée par contre pour la lumière de ces photos, vraiment très moche. mais c’était une journée à la fois voilée et très lumineuse…soit le ciel bleu mais les feuillages invisibles parce que trop sombres, soit cette espèce d’arrière fond blanchâtre et les feuillages un peu grisâtres…
      contente que tu aies apprécié la balade à arméos !

  2. Ah moi aussi, j’ai beaucoup aimé ! On boit tes paroles, normal quand il s’agit de source !!! La promenade est quasi réelle, on y est, on a envie d’humer un peur à droite à gauche… Et que c’est beau, que c’est beau… Et comme tu la racontes avec amour, ta terre, ma Sylvie…
    Par contre, on sent nettement la lassitude, le besoin d’évasion… Il faudrait réfléchir à une idée pour te sortir un peu de ce quotidien qui te pèse, pour te ressourcer, tu en as besoin…
    Je me suis dis, pourquoi pas faire appel à un(e) étudiant(e) vétérinaire grec ou étranger (en France c’est à Maisons-Alfort) que tu logerais en vacances et avec qui tu pourrais soit prendre le relais, soit établir une alternance, après une période d’adaptation et d’apprentissage de tes habitudes quotidiennes… Ca pourrait être intéressant…
    On peut imaginer aussi établir des formules payantes de séjour + apprentissage ou découverte du chat… Certains fans de cet animal pourraient être intéressés…
    Tiens le coup, ma Sylvie… mais réfléchis à tout ça… Je ne te sens pas bien dans ta peau… Et tu te replies sur toi-même, les discussions facebook se fond rares… ce n’est pas bon signe…
    Je t’embrasse de tout mon coeur !

  3. Ben dis-donc c’est quand même très vert ton pays ! bon y a aussi de la pierre c’est sûr mais la Grèce sans les pierres ça serait plus vraiment la Grèce hein ? Non plus !

    ;-)

    • je me cite : Et, chose absolument rarissime sur l’île, et même carrément unique, il y a une source d’eau douce plus en amont dans la vallée, en eau même au plus fort de l’été, et qui irrigue une vraie petite jungle jusqu’à la plage : sur une île réputée pour son absence d’eau, c’est remarquable !
      les endroits verts sur l’île, tu les comptes sur les doigts d’une main ! sinon, c’est tellement aride que chaque fois que j’arrive vers syros depuis le nord en ferry, j’ai toujours l’envie de plonger et de retourner d’où je viens, tellement ça me fout des angoisses. je sais que beaucoup de gens viennent pour ce type de paysage, mais moi j’en suis revenue, de ça, et de la vie-sur-une-île.

  4. merci brigitte pour ton commentaire empathique et plein d’idées ! bien vu, je suis absolument épuisée. non pas de fatigue physique, mais moralement vraiment aux taquets… et chaque jour, vraiment chaque jour quelque chose se passe : là c’est olympe qui a disparu. elle qui est réglée comme une horloge pour la bouffe, elle ne vient plus. et comme elle fait de monstrueuses crises d’asthme (j’ai toujours de la cortisone à portée de main ne serait-ce que pour elle), je me fais en sang d’encre. avant-hier et hier, pas d’olympe. il me semble l’avoir vue boire ce matin très tôt, mais le temps que je fasse le tour de la maison, plus personne au baquet. et depuis pas vue. l’idée qu’elle soit morte asphyxiée quelque part me plombe. et si c’est pas elle, c’est bouzouki fou qui me fait souci, je le trouve bien maigrichon osseux apathique. et c’est sans parler des chatons (que ce petit rose champagne est solitaire et maigre lui aussi…), et johnjohn, et méli. et agathe que j’ai mise sur la liste des chats probablement morts. bref, ça m’EPUISE.

    et franchement, je ne veux/peux pas laisser la tâche à quelqu’un. d’abord parce que la maison n’est vraiment pas confortable, rien à voir avec les jolis cubes blancs et bleus au confort spartiate mais certain que fantasment les touristes quand ils pensent grèce, et en plus parce que c’est une lourde responsabilité. il ne faut ni se sentir tout-puissant, et donc savoir lâcher prise, ni devenir négligent. rester vigilant ET fataliste… dure combinaison. mon garde-chats est loin, et de toute façon me coûte trop cher, car je le paie grassement pour ce VRAI travail. il le fait parfaitement – même si je sais qu’à chaque fois un chat y passe…-, j’ai confiance, mais tant que j’ai pas assez de sousous dans la popoche (ou disons tant que j’ai pas vraiment assez pour me payer ce luxe fou), c’est impossible de décrocher. tu as raison, des gens font ça. mais pas avec 100 chats dans une maison comme celle que j’habite.

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