Transition démographique

Aujourd’hui, je serai sérieuse.

Ecouter la radio (France-Culture), même avec écoute flottante, peut instruire. Et j’y ai appris un nouveau concept : la transition démographique. Beaucoup d’aimables correspondantEs, amiEs, proches, me font part de leur étonnement lorsque je parle de mes CENT chats (à la louche), me soupçonnant de parcourir les routes de l’île pour les recueillir exprès, certainEs risquant même la question qui fâche : « Mais pourquoi ne les stérilises-tu pas ? », et ses variantes.

J’ai enfin trouvé ce concept, la transition démographique, pour (m’)expliquer le nombre catastrophique de chats dont je m’occupe. « Catastrophique » : quelle tristesse de devoir qualifier ainsi la vie (allez, je me paie une majuscule : la Vie), en l’occurrence sa manifestation tangible sous forme de « chat ». Mais c’est ainsi. Ma banqueroute, après des années sans aide, et mon actuelle survie catastrophique et sous perfusion de dons, prêts et paquets a été précipitée (et peut-être même causée) par tous ces chats accueillis, nourris, stérilisés, soignés chez moi.

Nourrir, stériliser, soigner, accueillir chez soi, cette formule est un sacerdoce, et je ne la recommande à personne, si on a envie de vivre une vie normale. Elle part du principe moral qu’on ne peut être aveugle à la misère, fût-elle une misère de chats, et qu’il faut agir pour améliorer leur situation : je ne peux être heureuse, ou du moins sereine, si devant ma porte, à chaque fois que je l’ouvre, je me heurte au malheur. Eux aussi n’ont qu’une vie, malgré les ragots…

Et la première chose qu’on fait, dans ce cas, c’est nourrir (ces chats harets et grecs si jolis sur les calendriers passent leur misérable vie à chercher de quoi manger, et, pour les femelles, à chercher de quoi abriter et nourrir les petits, parfois deux fois par an). Nourrir ces chats, et pas avec de la croquette à 0,80€/kg, et pas que de la croquette (dans la mesure où les très bonnes croquettes, qui suffiraient seules, sont à des prix prohibitifs – donc il faut mélanger et les croquettes de moyenne qualité, et la conserve, de moyenne qualité également, en espérant que le « bon » compense le « mauvais » – tout cela dans une logique de crise personnelle : j’aurais les moyens, je nourrirais mes chats au poulet cru et cuit, comme Dutronc), bref, nourrir convenablement des chats revient très cher si on a 100 chats. C’est comme ça, c’est la réalité. Et c’est une nécessité, dans cette formule, parce qu’une alimentation saine, c’est une meilleure santé. C’est évident pour nous, humains, et c’est d’autant plus évident pour nos cousines et soeurs les bêtes qui ont des vies plus dures que les nôtres. Bien nourrir mes chats, c’est m’assurer moins de maladies, donc moins d’angoisses, moins de vétérinaire, et moins de chagrins – et plus de bonheur autour de moi.

Bon, on passe sur le chapitre ‘soigner’ et ‘abriter’, ce sont des corollaires à la formule. Mais l’autre action essentielle, c’est celle de la stérilisation. C’est essentiel pour stabiliser une population qui n’est pas capable de se réguler par elle-même, et qui ne peut survivre trop nombreuse sur un biotope insuffisant pour les alimenter « naturellement ». Comme on a vu en suivant le blog, elle n’est jamais totale, sur toutes les chattes et tous les chats. Il faut stériliser tout le monde, chattes ET chats, mais on n’attrape pas tout le monde, et d’une année sur l’autre, j’en loupe, surtout des femelles.

Il y a deux types de politiques vis-à-vis des bêtes errantes : les politiques d’intervention, en général très massive et radicale, et qu’on pourrait formuler en une phrase : « Mais à QUI est ce chat devant ma porte ? ». Ou ce chien, mais c’est beaucoup plus rare dans les pays interventionnistes. Un chat erre sur votre gazon ? Soit c’est un chat de voisin, il a un collier, et ou vous le rapportez, ou vous l’amenez à la SPA, et le voisin finira bien par y téléphoner en cherchant son chat . Soit c’est un chat haret, et là, c’est ou SPA directosse, et euthanasie le plus souvent (surtout s’il est moche, vieux, bébé, blessé-malade, pas sympa) ou vous ne faites rien, espérez que ce chat disparaîtra par miracle, mais comme vous avez bon cœur (et vous aimez les chats – vous lisez ce blog !) et que vous n’êtes pas à une contradiction près, vous lui donnez quelques croquettes, de l’eau en été, et même parfois, vous lui aménagez un abri. Du coup, il reste : pas con le chat ! Certains poussent même la compassion jusqu’à le faire stériliser, ce visiteur occasionnel. Mais il reste dehors. Et c’est pas trop stressant, car il y en a combien dans le coin ? Au maximum une demi-douzaine. Plus, ça commence à faire désordre, et un jour ou l’autre les Sévices Sanitaires déboulent, font une razzia, et ça finit aussi en euthanasie.

Dans mon village du Valais (mais je ne sais pas si ça se pratique encore – je parie que oui), la commune paie le meilleur chasseur du village, 2 ou 3 fois par an, pour faire tabula rasa. On publie une annonce sur le panneau d’affichage de l’église, du genre « Rentrez vos chats domestiques du tant au tant, car sinon boum-boum », le chasseur passe partout, avec son flingue et un peu de bouffe, et abat les chats harets. Il n’y prend aucun plaisir, et fait ça proprement, en pro de la gachette. Très efficace – et personnellement, je trouve infiniment moins stressant que la traque, la cage puis la piqûre. Même si c’est triste et malheureux.

Et puis il y a tous les pays qui n’interviennent pas, ou quand ils se décident à le faire, c’est juste sous forme de razzias à grand format puis de massacres de masse. Là, les gens comptent beaucoup sur les maladies et les bagnoles, et aussi les initiatives personnelles. Pour ma prochaine réincarnation, je décline le passage « chien des rues en Roumanie », par exemple. Là, dans ces pays, on rencontre un chat à collier et bien nourri, et on s’émerveille : « Mais ce chat appartient donc à quelqu’un !! ».

Et il y a des pays qui naviguent entre ces deux politiques. Cela dépend souvent du niveau de vie (de crise) dans ces pays. De manière générale, on peut soupçonner que les gens qui ont une vie dure ont tendance à mener la vie dure aux bêtes. Je dis bien « de manière générale », en gros quoi, sans nuance. Avec plein de salopards tortionnaires dans les pays avec, et plein de Saint François d’Assise dans les pays sans.

Bon, la transition démographique est un modèle développé pour la démographie humaine, mais je trouve que ça marche plutôt bien aux Chats de Syros. Pour l’humain, on parle de trois phases :

  • Un régime dit « traditionnel », forte mortalité, forte natalité, avec des fluctuations dues aux épidémies, aux famines. La croissance démographique est très lente (voire nulle). C’est la situation de l’humanité jusqu’à l’ère industrielle, et aux progrès de la médecine.
  • Une période de transition, sur laquelle je reviens ci-dessous.
  • Un régime dit « moderne », quand la transition est terminée, à faible taux de natalité et de mortalité. On fait moins d’enfants, et on meurt beaucoup plus vieux.

Et donc cette période de transition se passe en deux phases : une phase de baisse de la mortalité, et donc de fort accroissement de la population, car le taux de natalité reste identique. Puis une phase de baisse de la natalité. Je ne veux pas entrer dans les détails, si cela vous titille, tapez « transition démographique » sur votre moteur de recherches, il y a de nombreux articles sur le sujet, par exemple : http://www.melchior.fr/la-transition-demographique.3913.0.html.

Vous voyez où je veux en venir, n’est-ce pas ? Tout le problème est dans cette « baisse de la natalité » : elle ne peut advenir dans ma population de chats qu’à la suite de MON action (coercitive), à savoir via les stérilisations. Pour l’humanité, la baisse de la natalité est sans aucun doute le résultat d’une volonté des acteurs sociaux : les méthodes contraceptives croisées avec l’éducation des femmes ont pour conséquence directe cette baisse. Mais chez les chattes ? Et du côté de la baisse de la mortalité, il faut y voir une conséquence, entre autres, du développement de la médecine et de l’amélioration (ou du moins de la régularité) de l’alimentation. C’est la situation que je crée lorsque je soigne tous les chatons et chats, qu’ils soient du dedans ou du dehors ( lorsqu’ils se faissent faire), et lorsque je les nourris deux fois par jour avec une alimentation pas trop mauvaise. Et j’aggrave mon cas en abritant sous mon toit, au chaud (enfin, ça, c’est relatif), probablement 2/3 des chats des environs. Il faut ajouter à cela qu’il n’y a pas de routes-tue-chats à proximité – bref, à la différence d’une majorité de gens dans ce pays, je ne compte ni sur les maladies ni sur les bagnoles pour faire de la régulation démographique. Quant à mon initiative personnelle, elle est du côté de la vie et de sa préservation.

Je suis donc bloquée sur cette 1ère phase de la transition démographique des chats de Chroussa, du moins de cette zone du village. Mon action en fait désorganise totalement ce roulement entre natalité et mortalité. En sortant les chats des environs de cette situation de démographie « traditionnelle » somme toute équilibrée (même si basée sur la faim, la maladie et la mort), j’ai créé un énorme déséquilibre. La mortalité est en baisse, ils vivent mieux, plus vieux, en meilleure santé. Du coup, ils font de plus beaux bébés, moins foutus dès la naissance, mieux nourris, et au pire il y a maman-chats-doc-zozefine, pour les soins et les câlins… Pour la baisse de la natalité, que je dois absolument obtenir au risque d’une surpopulation féline qui finirait par m’achever, je dois, moi seule – et là je porte la casquette du dictateur coercitif – stériliser tout le monde. Et je n’y arrive pas. Parce que ça coûte cher, très très cher, et puis parce que certaines chattes et certains chats sont tellement sauvages que je ne peux pas les attraper, même pas les regarder de loin (ce qui ne les empêche pas de faire des petits et de me les laisser devant la porte – petits que je soigne s’ils sont malades…).

Du coup, de trois chats au départ, j’en ai 100, et ce n’est même pas l’arrivée…

Qui disait que l’enfer est pavé de bonnes intentions ? Bon, ce n’est pas l’enfer, mais c’est, au mieux, une situation difficile.

J’étais sérieuse aujourd’hui.

 

 

20 thoughts on “Transition démographique

  1. Bravo pour le cours sur la Transition Démographique ! On enseigne ça au lycée et je l’ai rabachée pendant de nombreuses années….! C’est très passionnant. Presque tous les pays du monde ont achevé leur transition et sont dans la phase finale (faible natalité-faible mortalité = équilibre) La comparaison est juste avec votre situation et les chats, et c’est vrai que vous ne pouvez pas espérer éduquer les chattes à avoir moins d’enfants !!! Quel dilemne ! Quelle solution ?????……………..Comment réagissent les gens du coin ? Compatissants ou critiques ? Aucun soutien (un peu de nourriture, par ex ) ?
    Votre découragement est tellement compréhensible….
    Très amicales pensées.

    • ah, ben je découvre l’eau chaude alors ??? ;-)
      mais j’étais très contente de trouver un modèle pour penser cette situation
      ces pays où on compte sur les maladies, les bagnoles et les initiatives personnelles (empoisonnements, par exemple), c’est justement, entre autres, la grèce ! donc compatissants, non, sûrement pas. quant au soutien local, comme dit zule plus bas, c’est vraiment pas le moment…
      je ne suis pas vraiment découragée. je constate que j’ai créé un déséquilibre, dont je peux sortir par le bas (en m’enfuyant lâchement) ou vers le haut (en trouvant une combine pour organiser une grosse campagne de stérilisations autour de ma maison – avec l’énorme bémol que pas mal de voisins ont des chats, qu’ils nourrissent peu ou prou, et qu’aucun, je dis bien aucun ne fait stériliser).

      • Je ne voulais pas être désobligeante ! :) Il faut être prof de Géographie ou Economie ou quelque-chose de ce genre pour avoir rabaché ça !!!
        Bien sûr que les gens ont d’autres soucis ! On peut comprendre !….Même ici beaucoup s’en foutent des chats errants ou les trouvent gênants, et encore peu les stérilisent (sauf en appartement …!!!). Les assoc’, abris, etc ne savent où donner de la tête…..

        • ah non, je n’avais pas du tout pris votre remarque comme désobligeante, ça m’a plutôt fait rigoler de découvrir l’eau chaude, à mon âge !! je connaissais la transition énergétique, le dialecte de transition, la transition de phase, mais pas la transition démographique. et je dois dire (et pour ça je suis bien intello) que le fait d’avoir un concept pour penser ma situation de crise, même si ça fait pas des masses avancer le shmilblick, m’est un vrai soulagement. vous savez, comme quand on est malade, mais qu’on se sent (bêtement ?) rassuré d’avoir un nom à poser sur la maladie. enfin, non pas toujours. mais des fois.

  2. As-tu déjà envisagé, avec l’aide et le soutien des vétos que tu connais bien, de proposer aux autorités municipales d’Ermoupoli une réunion d’information où vous pourriez expliquer à la population les mécanismes et les enjeux de la transition démographique appliquée aux chats ? Peut-être que ça pourrait susciter une dynamique qui te viendrait en aide et en soutien matériel et financier.
    Je dis ça sans ignorer ni sous-estimer la situation économique et les souffrances qu’endure actuellement le peuple grec bien sûr. C’est plus une question que je te pose qu’une suggestion que je te fais.

    • c’est bien mon zule de préciser « Je dis ça sans ignorer ni sous-estimer la situation économique et les souffrances qu’endure actuellement le peuple grec  » ! ;-) pour dire très très sincèrement ce que je pense, quelque part j’ai HONTE de me préoccuper du sort des chats, et d’emmerder le monde entier avec ça, et de me faire sponsoriser pareillement par des âmes charitables et généreuses dont tu fais partie, quand justement les grecs sont réduits à faire les poubelles et vivre sans chauffage… ça fait saigner mon amour de la cohérence morale, vois-tu, et c’est une aporie terrible.
      à part ça, je n’attends strictement rien de la part des vétos. déjà bien contente qu’ils bossent bien.

  3. bonjour.N’auriez-vous pas la possibilité de négocier des tarifs de stérilisation quitte à faire tous les vétérinaires de l’ile? . .Bien sur que vous ne pouvez les attraper tous mais un de temps à autre vous n’avez pas besoin de les stériliser tous non plus . Je suis aussi un peu étonnée du budget par mois que vous annoncez pour les croquettes et soins pour les 100 chats.N’y aurait il pas possibilité de réduire cela (mais pas au mépris de la qualité bien entendu) ou de faire appel à des personnes ou firmes qui enverraient des croquettes à leurs frais. Ce n’est qu’une suggestion pas une quelconque critique mais bcoup d’idées font probablement avancer les idées.je suis à votre disposition. Clerx J secrétaire de l’asbl maintendue II belgique

    • il y a qu’à, n’est-ce pas. faire tous les vétos de l’île, c’est vite fait, il y en a 2, un très crade, paiements sans factures, et paradoxalement très cher, l’autre, où ils sont 2 dans le cabinet, très pro, clean, mais pas du tout désireux de négocier plus (j’ai essayé, d’autres ont essayé). quant au budget, non, j’ai déjà beaucoup réduit la voilure – mais c’est vrai que je ne donne pas du miaou à 0,80€/kg – mais je n’arrive pas à faire moins. si jamais reportez-vous à ce post : http://leschatsdesyros.com/2014/09/24/les-echos-lete-2-lalimentation/. pour les firmes qui enverraient à leurs frais des croquettes, d’une part, il y a une pétition en cours que je vous recommande de signer, on sait jamais : https://www.change.org/p/les-chats-du-refuge-de-l-%C3%AEle-de-syros-sont-en-danger-aidez-les, d’autre part… je crois qu’il faut que vous lisiez quelques autres posts de mon blog. c’est bien de faire avancer les idées, mais il faut connaître le contexte, la situation : je suis très isolée, sur une île des cyclades de 80km2, et je fais de mon mieux, et seule. à partir de là, on peut discuter, oui.

  4. Yep ! tu me fais la réponse que je craignais : tu ne peux guère compter que sur toi-même. Mais n’aie pas honte surtout ! bon sang de bois ! les aides financières et matérielles que quelques-uns d’entre nous t’apportons ! ce n’est pas avec ça que tu vas mener un train de vie princier et scandaleux !!!!
    Même si ton rang de reine des chats devrait en tenir compte ;-)

    Et puis aussi, je veux te dire, quand tu évoques nos âmes charitables et généreuses… ce n’est pas tant ça, je pense, qui motive notre geste. C’est que nous trouvons ta situation et celle de tous ces êtres vivants INSUPPORTABLE !!! alors on partage avec toi une infime partie de ce qu’on a, mais c’est toi qui agit, qui gère et qui souffre le plus ma chérie HEIN ! Bon.

    • ben je compte sur moi-même pour la vie pratique, le maintien de ma maison comme refuge, et toutes ces choses, oui. tu pensais que j’avais des aides ménagères qui venaient me donner un coup de main pour nourrir les chats, ramasser les cacas et couper le bois ? et régulièrement la visite aidante et solidaire des notables insulaires, voire du maire tout désireux de m’aider ? que nenni non point ! d’ailleurs, je ne saurais qu’en faire, quant à mon train de vie, il n’est pas princier, et j’accueille volontiers toute personne désireuse de vérifier. je connais au moins 4 lecteurEs de ce blog qui peuvent témoigner de cela. et j’aurais volontiers partagé ma soupe patates-lentilles avec tranche de pain noir et mon jus d’oranges comme repas de noël, n’est-ce pas ?

      mon post était une sorte de réflexion le plus objective possible sur une situation que j’ai créée, qui est à la fois quelque chose de bien, d’honorable mais qui implique/entraîne/provoque un déséquilibre aussi difficilement gérable que pour les populations humaines. c’est con et compliqué quoi.

      et si, tu es généreux. et dans tes actes et dans tes paroles.

  5. Chère Sylvie, je n’ai pas tout compris, mais j’en déduis qu’il y a une grande douleur dans vos écrits..Je souffre terriblement pour vous qui n’avez pas choisi cette vie.. une solution que vous ne ferez pas : tout abandonner… et partir … loin… je vais faire suivre la pétition, en croisant les doigts afin qu’elle aboutisse. Je vous embrasse très fort et caresses à Alithia.. anne-marie

    • chère anne-marie, pour une fois que je suis sérieuse, tout le monde y lit de la plus ou moins grande souffrance. mais non, je vous assure que non. une grande perplexité, ça oui, et le désir de résoudre ce problème. je ne vois pas comment j’aurais fait autrement, je n’aurais pas pu ne pas intervenir, et soigner, nourrir, abriter – et stériliser, mais pas assez. mais je ne renie rien de ce que j’ai fait, et de ce que je fais. je trouve plutôt bien, moralement honorable, qu’une bande de fous comme vous, anne-marie, et tout le monde, par vos aides et votre soutien, et moi par mon action « sur le terrain », sauvions un troupeau de chats errants et une chienne plus maternelle que moi ! hauts les coeurs, anne-marie ! ;-)

  6. Moi aussi je suis sérieuse, je t’aime et j’aime ce que tu fais. C’est pourquoi je viens de faire un effort supplémentaire. Un petit cadeau en chocolat va suivre. Il faut que tout le monde mange. :)) Bisous.

  7. ce sont des jours très éprouvants pour le moral. ça va pas mal, mais je me sens extrêmement KO. trop de choses à raconter, à exprimer. j’ai besoin de prendre le temps que ça sédimente un peu dans le bocal de ma tête… merci de prendre des nouvelles et de vous inquiéter. merci pour votre amitié et otre affection. je promets que je serais de retour sous peu, et même très peu. ;-)

  8. Merci pour ce petit message……pas très « rassurant » cependant…..Qu’au moins les bonnes pensées pleines d’affection et d’amitié de vos amis plus ou moins lointains vous apportent du réconfort !

    Plein d’amitié,
    Catherine

  9. Bonjour Zozefine,
    Ton histoire m’a beaucoup émue, d’autant plus que j’ai cherché « démographie des chats »…
    Depuis toujours j’ai aimé les chats et les ai dorlotés mais ai laissé mes parents et ensuite compagne stériliser ou tuer les chatons surnuméraires. Maintenant je vis dans la campagne bretonne au fond d’un hameau abritant des personnes à faible moyens en transit pour quelques mois.
    Un de mes voisins avait une chatté noire et blanche en assez mauvais état et j’ai pris l’habitude d’ajouter à son régime alimentaire un petit bol de lait que je laisse devant ma porte. Un jour bien sûr elle est venue toute fière m’amener 4 beaux chatons qui en avaient assez de finir des boîtes de cassoulet, un mâle noir, un roux, une chatte écaille de tortue et une blanche. J’ai continué à donner du lait quand la petite famille avait faim. Deux des chats ont disparu, et un jour le fils du voisin est venu me demander si je n’avais pas vu ses chattes car ils déménageaient. Je lui ai dit qu’il suffisaient de mettre un bol de lait et qu’elles viendraient bien vite étant toujours affamées.

    Mais le voisin est parti sans ses chattes (mère et fille) et le chat noir à peut-être été emmené.
    J’ai donc ajouté des croquettes au régime des chattes qui avaient tout le temps faim cet été. La veille de partir en vacances avec les enfants je découvre derriere une grosse touffe d’herbe 7 chatons d’un mois et demi ! Les deux chattes les allaitent et difficile de savoir qui est à qui…

    Je vais voir un de mes voisins qui vient d’arriver et que je connais pas et lui remets un pack de lait et un sac de croquettes en lui demandant de nourrir les chats pendant mes vacances. Il n’est pas ravi mais ne peut dire non. Je téléphone aussi à un collègue qui aime les animaux pour qu’il passe dans la semaine. Il se moque de moi mais viendra avec une caisse à chats pour récupérer tout ce petit monde qui restera invisible.

    Au retour des vacances plus de chats chez moi, mais je les retrouve deux jours plus tard sous un tas de bois dans une belle tanière avec de la paille. Après quelques jours ils sont à nouveau chez moi, mais des chatons disparaissent les uns après les autres. Je me gratte la tête sur les hypothèses possibles, et ce n’est qu’au troisième que je pense au vieux puis qui est protégé contre les chutes d’enfants par une barrière en bois… Ma petite préférée écaille de tortue semble reposer au fond, honteux et malade je grillage tout ça.

    Il reste deux chatons roux moins craintifs et une petite noire et blanc comme sa mère et un chaton noir tres craintif. Je peux juste prendre dans mes bras un chaton roux. Mes amis se moquent de moi, en me promenant cent chats bientôt, mais je ne me sens pas le droit de les piéger pour les stériliser, même si je sais que la raison (du plus fort) doit être là.

    Je vois que tu es bien plus courageuse que moi qui me borne à avoir fait à noel une niche avec un vieux manteau dedans pour les abriter de la pluie et à les gaver de pâtés et croquettes et restés de mes repas.

    Je m’interroge à la pleine lune quand nous sommes tous dans le jardin, un jeune avec une souris (oui il en reste) sous les yeux philosophe du vieux matou de grand père, le gros chat roux qui me câline pour entrer dans la maison, les deux chattes aux aguets, et la petite noire et blanche qui embête son frère noir…

    Lèchouille à vous qui m’avez lu jusqu’ici.