Vita (plus minusve) brevis…

La vie (plus ou moins) brève, celle des chats en particulier. Passer en revue mes photos est une vraie torture : tant de chats désormais disparus, retournés à la terre, dont le squelette gît quelque part par là, pas loin, mais soudain les voir si bien mis en valeur sur de (si possible) jolies images, encore tellement jouisseurs du présent, certains que j’avais oubliés (Vincent, comment ai-je pu t’oublier ?), ou dont j’avais oublié les noms (pardonne moi, Gentil Garçon, j’ai mis du temps à remettre un nom sur ta photo). Vies (b)rêves, elles sont passées, plus que moi pour m’en souvenir, et puis pfuitt, je disparaîtrai et avec moi les traces de chacune de ces petites planètes qui ont tourné là autour un jour. Et je réalise que non, pas tout à fait : elles resteront sur ce blog, avant qu’un grand tsunami internetien vienne nettoyer ce non-lieu qu’est le monde virtuel.

Pas de « jolies » photos, mais des prises de vue à l’arrache.

Bizounours : sa tumeur de la glande salivaire (?) est devenue vraiment énorme. Une forme en fuseau, qui appuie sur la peau, mais pour l’instant ne gêne ni sa respiration, ni l’alimentation. Il est toujours aussi soigné, beau, territorial, sympa, caressant, et doux sous la main de la femme. Savoir qu’il me faudra le faire euthanasier à cause de cette merde alors que par ailleurs il est si parfait me rend dingue.

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Fifi, mon tout beau Fifi, tout teigneux, avec son otite profonde et, selon les vétos, incurable… Je lui donne des antibiotiques matin et soir, pour l’instant, il semblerait que ça maintienne la situation telle qu’elle est. La seule « vraie » thérapie pour lui serait l’ablation totale du conduit auditif, mais grosse opération et très longue et pénible convalescence. Alors non. Contre la teigne, il existe un vaccin (développé en 1er pour les chevaux), il a reçu déjà une injection, mais cela coùte la peau des fesses, et il lui en faudrait une seconde : j’attends d’être riche. Le problème est que c’est contagieux, surtout sur des chats au système immunitaire un peu faiblard : j’ai l’impression que Férousse est atteinte. C’est un puits sans fond, ça aussi : j’en soigne un et c’est un autre qui démarre. Les forums et sites véto recommandent de traiter tous les chats en même temps, ainsi que l’habitat : avec 100 chats et un habitat comme le mien, comment faire face ? Quoiqu’il en soit, Fifi, même s’il n’est pas très ferme sur ses pattes (éventuellement à cause de l’otite), va infiniment mieux qu’il y a 2 ou 3 mois. Il se bat, il a envie de vivre, lui aussi.

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Jean-Gérard : il est en bout de vie, mais comme il cherche encore un peu à manger, et qu’il passe quelques heures par jour à dormir au soleil plutôt sereinement, je procrastine beaucoup l’euthanasie. Je lui donne des anti-douleurs. J’ignore ce qu’il a, mais son attitude générale, et ce depuis quelques mois, me donne à penser que ses reins sont en train de lâcher. Il a 13 ans, cela devient une forte probabilité (par contre son frérot Loulou me semble en pleine forme, même si je dois un peu le forcer à aller dehors). Fifi, Loulou et son frère Jean-Gérard sont les derniers rescapés des chats que j’avais ramenés de Posidonia, mes « premiers »chats syriotes.

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Julie : son opération contre le cancer du museau date d’il y a un an presque et demi. Le véto m’avait bien dit que cela n’était pas curatif, mais prolongerait sa vie. Aucun doute là-dessus, sans l’opération, le cancer du museau l’aurait emportée depuis longtemps. Par contre, j’imagine qu’il est allé métastasier ailleurs. Pas fait d’examen pour le vérifier. Elle dort beaucoup, mange assez volontiers, mais est vraiment très maigre, pas bien solide sur ses pattes. Elle passe la journée au soleil dans CET endroit-là précis, elle y dort parfois même la nuit. Elle ne semble pas souffrir, simplement elle « s’affautit » comme disait ma grand-mère. Et l’expérience m’a appris que sans argent, avec des moyens vétérinaires limités, les deux choses à se dire c’est : « primum non nocere », et « dans le doute abstiens-toi ». Trop souvent j’ai vu des chats amenés en (très) mauvais état chez le véto se faire « soigner » et mourir les jours suivants. Je ne peux pas leur assurer de ces soins que tant de gens peuvent offrir à leurs bêtes. Donc, à part la médecine de brousse, j’essaie juste d’accompagner le mieux que je peux mes chats mourants vers la fin.

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Un(e) petit(e) tigré(e) qui me donne bien du souci : très malade, maigrit de jour en jour, mais s’enfuit encore dès que j’approche. Rien à faire.

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Job : ce petit gris et blanc a vraiment failli y passer. Jy suis allée au bazooka : cortisone, ventoline et antibiotiques à hautes doses. Je l’ai également anti-pucé (et à ce propos, merci encore à Lysiane pour cet énorme paquet de produits pour chats, dont ce spray géant de fipronil), nettoyé, caressé, papouillé malgré sa sauvagerie (en fait, il ne m’a laissée l’approcher que quand il était trop malade et trop faible pour s’enfuir). Dans cette liste désespérante, c’est mon seul succès : depuis hier, il va (un peu) mieux, recommence à circuler, mange un tout petit peu, boit sans se coucher dans l’eau…

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Du côté des choses positives, Pool-Pot est revenue, et me refait de ces oeufs qui en valent deux chacun. Pendant que j’étais si malade les 15 derniers jours, je ne savais pas quoi en faire, ma gastrite n’en voulait pas. J’ai donc donné une dizaine d’oeufs à Fifis mon proprio, et j’en étais vraiment très très contente : c’était bien la moindre, vu qu’il me nourrit aussi généreusement des légumes de son jardin pendant la saison (j’espère juste qu’il plantera autre chose que des courgettes l’an prochain) et qu’il accepte de si bonne grâce le fait que je lui paie le loyer 20€ par 20€ et parfois le mois suivant !

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L’adorable petite Myrto commence à circuler facilement dedans/dehors par la chatière que je maintiens ouverte avec du scotch. Elle vient même dormir sur mon lit, ou sur la couverture devant le fourneau à bois. Elle est incroyablement gracieuse, et douce, et courageuse. C’est une petite merveille.

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Pour finir, quelques nuages : je trouve ces nuances de gris et de bleus complètement affolantes de beauté.

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Voilà. Je me remets pas facilement d’un tuilage maladif, d’abord une grosse gastrite très douloureuse et pleine de spasmes, ensuite et en même temps une bonne bronchite, puis juste la bronchite : ça m’a fait 15 jours tout à fait détestables, pénibles, et qui me font m’angoisser sur mon sort et celui des chats et d’Alitheia quand je suis à ramasser à la petite cuillère.

Mais bon, on sait toutes et tous que tout ça finit très mal, n’est-ce pas ?

Donc, en attendant, carpe diem !

 

 

10 thoughts on “Vita (plus minusve) brevis…

  1. des photos qui laissent sans voix, et m’ont mis le moral à zéro.. tiens juste pool pot m’a fait sourire.. elle est superbe.. dire toujours courage… mais bon, cela ne fait pas tout.. je vous embrasse Anne-Marie

    • ma bien chère anne-marie ! heureusement, il n’y a pas QUE ça, des chats en bout de course. ma petite myrsini si jolie et froufrouteuse essaie de m’attraper l’index gauche, celui qui tape sur le clavier. gingembre si roux flamboyant est totalement aplati de sommeil sous le soleil. laurann dort sur la cuisinière, as usual. zule et zim, les frangins, fils de cybèle, des chats énormes qui font rire si on les compare à la taille modeste de leur siamoise de mère, sont eux aussi au soleil, mais côte à cote, à regarder encore d’autres chats se balader en contrebas de la maison. il fait beau, pas froid.
      vous le savez bien, on sait que la vie de nos chats n’est jamais longue, surtout ici, jamais comme un fleuve tranquille. mais ils vivent au présent, et chaque moment de plénitude est pris à 100%, c’est ça qui donne aussi du sens à ce que nous faisons pour eux : au moment où nous intervenons pour leur bien, nous *savons » que ce que nous faisons est bien. peut-être pas suffisant dans le temps, mais au moment où nous le faisons, c’est juste ce qu’il faut. le reste, on le laisse au destin, à moira.

  2. Cette photo de nuages est en effet de toute beauté !!!!
    Mais ce qui précède…..triste. Bien sûr cette période de maladie, dans les conditions où tu vis, n’a pas aidé à te faire voir la vie en rose …!!!!! J’espère que tu te rétablis bien, la douceur actuelle du temps (météo) aidant.
    Photos toujours si belles… Quelles sont les relations entre Pool-Pot (qu’elle est belle !) et les poilus ?
    Je t’embrasse,
    Catherine

    • mais je dis bien que c’est la réalité. c’est pas que je vois en noir des choses roses, c’est qu’effectivement une demi-douzaine de chats sont en train de mourir. c’est pas que je peins la réalité en noir, elle EST comme ça, et aussi rose, et aussi couleur mer, ou soleil, ou romarin en fleur. et aussi couleur de ce ciel de nuages et de ciel, tous les gris, tous les bleus. c’est comme ça, c’est la vie, celle des chats et la mienne.

      pool-pot en fait s’entend bien avec tout le monde dans les strictes limites d’un évitement perpétuel des problèmes. tout le monde se croise, mais sans interaction, affection. c’est alitheia qui a mis le plus de temps à cesser de faire des détours insensés pour éviter de croiser la route de pool-pot. et tu as vu, elle est toute belle, a remis ses plumes, de belles bien moirées noir-bleu. elle a disparu quelques jours, j’étais vraiment orpheline, en fait je l’ai découverte dans son ancien poulailler avec ses vieilles copines, je me suis fait une raison (le poulailler c’est un abri contre le vent, et c’est aussi la compagnie des autres) et puis un matin, j’ai entendu le divin « pouuuuêt-pouetpouetpouet-pouuuuuuuuuuuuuêêêêêêt », elle était de retour. donc je suis rassurée : elle connaît le chemin pour s’abriter si jamais, elle sait entrer et surtout sortir du poulailler, et elle continue à pondre au même endroit que cet été : donc tout va bien. le matin, une fois que j’ai nourri le troupal, soigné les malades, je la nourris elle aussi, elle court vers moi, c’est chouette. bizarrement, elle aime pas spécialement le maïs, et adore les carottes râpées et le pain mouillé.

      je t’embrasse également catherine !

  3. Coucou Sylvie,
    Oui leur vie est bien courte et quand ils partent, ils laissent un immense vide . Tes petits coeurs en fin de vie sont malgré tout heureux car il ne souffrent pas, contrairement à toi,moralement . Oui, c’est triste de penser qu’une fois disparue, leur souvenir tombera ( peut -être) dans l’oubli, mais comme tu le dis, il reste le blog .
    Je viens de faire endormir mon Sam, 18 ans, suite à un AVC . Je ne m’y attendais pas du tout ….Mais il me reste aussi de belles photos.
    Je suis contente pour ta poulette !
    Soigne toi bien . Gros bisous
    Doudou

    • ma pauvre doudou, désolée pour ton sam ! très très bel âge toutefois, mais c’est tellement chouette les vieux chats, on espère toujours que la faucheuse les aura oubliés pour cette fois. mais non, et ils tombent pour des choses qu’on connaît nous-mêmes : un AVC… et puis 18 ans, c’est toute une vie, une génération, et parfois on n’a pas vécu aussi longtemps avec des humains, alors c’est aussi un bout de nous-mêmes qui s’efface, du moins ce que nous sommes avec l’autre, avec le chat : les petits mots, les surnoms, la manière d’appeler sa bête, les routines. c’est difficile aussi. courage doudou…
      je t’embrasse très fort.

  4.  » La chose la plus difficile à supporter quand ils s’en vont, ces amis tranquilles, c’est qu’ils emportent avec eux tant d’années de nos propres vies. » (John Galsworthy)

    D’autres mots, un même ressenti…

    Il est triste ton texte, Zozefine. Il correspond à la saison, l’automne…

    • mais pourtant, non, pas à l’automne ici en tout cas. la météo est insolemment estivale même si les journées deviennent si courtes qu’on a à peine le temps de faire ouf. la réalité est moitié moitié, il y a aussi des choses très réjouissantes. mais c’est vrai que vivre aux côtés de chats sur le point de rendre leurs âmes légères au grand vide, tant en un coup (et je ne parle même pas des chats morts récemment) peut sembler terriblement déprimant. je déprime pas, je décris ;-)
      mais mon quotidien est difficile, c’est vrai. le fric, l’inconfort, 100 chats, la précarité, l’impression de vivre sur le fil d’un rasoir, tout ça, et aussi le fait de, décidément, ne pas arriver à décoller pour au moins quelques jours, tout ça est usant.
      mais bon, je vais poser d’ici très peu un autre post, et vous verrez qu’il y a aussi de TRES beaux moments ;-)

  5. Oui, Zoz, pose un autre post, plein de vie ! … j’ai perdu ma Juju fin septembre, 16 ans mais c’est tjrs trop tôt, et elle est partie le même jour que ma Saga un an plus tôt – presque 16 ans, elle aussi, ma bergère… C’est dur, très dur, il y a un an j’avais une chienne et quatre chats, je n’ai plus que trois chats, dont l’une va avoir 14 ans, j’entends ma Juju dans toutes les pièces certaines heures, certains jours, et je ne peux tjrs pas retourner me promener là où nous nous baladions ensemble avec Saga… c’est difficile, et en plus dans 3 mois j’aurai 70 ans !… va falloir passer un cap :)

    Je t’embrasse fort (je crois que j’ai raté ton anniv, cette année, désolée…)

  6. Pour moi, joie indescriptible : lundi 30 octobre, dans deux jours donc, je vais aller voir mon petit Nooky ! Mon 5ème bébé grecque, dont j’avais dû me séparer, une épreuve douloureuse durant ces 15 dernières années. Puis cet été : coup de fil de la part de sa maîtresse et nouvelles de mon Nooky, toujours en vie à plus de 15 ans.
    Les cadeaux sont prêts. Les petites boîtes de Almo nature aussi.
    Et lundi, je serrerai enfin mon petit Nooky prodigue dans mes bras. J’ai tellement hâte …
    Athina ronronne actuellement sur mes genoux. Je lui parle de son frère et du très long voyage que je vais faire pour aller le voir.
    Ces chats grecques ont pris mon coeur. Je les ai tous tellement aimé aussi !

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