Spicilège 6.

Depuis ma maison à Chrousa, je ne vois qu’un tout petit triangle de mer. C’est ridicule de vivre sur une île des Cyclades, et d’en être si loin. Mais c’est une question d’occasion et d’argent, bien sûr. J’ai eu la chance inouie de trouver à louer cette oasis merveilleuse pour 200 euros/mois, donc pas trop cher (mais bon, pas de salle de bains, et tout tout tout à refaire à l’intérieur et à l’extérieur), et louée par un proprio vraiment gentil, et surtout qui a accepté que je vienne avec la quanrantaine de chats que j’avais de ma maison précédente – ce qui, en grèce, tient du miracle ! Continue reading

Le petit chat est mort.

Je n’ai pas réussi à le sauver. À le faire grandir. Je me suis sentie un peu contrainte. J’ai fait minimum syndical. Un peu plus peut-être, mais pas beaucoup plus, pas comme une bonne mère chatte. La chatte, et je ne sais même pas laquelle, avait laissé ces 2 nouveaux-nés sous le romarin : un mort-né, encore mouillé, et l’autre, celui-là, qui n’a jamais eu de nom, bien propre, nettoyé, joliment tigré, lui aussi avec le sac amniotique accroché au ventre, le cordon ombilical déjà séché. Mais sans mère. Je l’ai laissé une bonne demi-journée, dans un carton pour lui éviter le soleil direct, mais sans rien. Sans le nourrir quoi. Dans l’espoir que la mère viendrait s’en occuper. Mais le soir il était toujours là, tout seul, quelques heures au compteur, affamé, perdu… Continue reading

Et si j’étais employée dans un refuge SPA ?

Pas mal de gens soupçonnent chez moi « un léger désordre mental », voire d’être « dingue ».  D’autres me conseillent d’en garder  5, ou 10, ça dépend, et de laisser les autres, une sorte de choix de Sophie que quiconque a deux chats serait incapable de faire. Enfin, je crois.  On me dit aussi « J’aime pas les chats », « J’aime pas Nestlé », « J’aime pas change.org ». Continue reading

Copain (d’ici) Bibu, quelques images…

Quand j’étais gosse, on m’avait cousu, fait main, avec amour et originalité, une peluche aujourd’hui disparue : c’était une énorme pieuvre, enfin, « énorme », aussi grosse que moi qui étais bébé, en feutre noir et blanc (noir pour le corps et le dessus des tentacules, blanc pour le dessous des tentacules), avec des yeux verts  et de longs cils (ça fait assez penser à la baleine de Prévert – mais qui, elle, avait les yeux bleus), fourrée à la laine… C’est étrange la mémoire, je n’ai pas besoin de beaucoup « chercher »  pour me souvenir des sensations, du toucher, du poids, de sa manière de plier les tentacules… Elle s’appelait Bibu. Alors voilà, j’ai renommé Copain d’ici, désormais il se nommera Copain-Bibu. C’est comme ça. Et ce chaton, c’est une vraie personnalité.  Il est facétieux et très autonome. Je l’adore… Continue reading

A défaut de parler de l’essentiel.

(Bienvenu(e) à toutes et tous dans ce blog-à-chats pour y poser un chatexte. Je suis très heureuse de publier celui que m’a envoyé Flip St-Ourak, texte qui trouve ici sa place évidente et naturelle)

Mon père nous a ramené un jour un chaton nouvellement né et aussitôt abandonné par sa mère, qu’il avait trouvé dans un sous-bois. Tout de suite, nous l’avons adopté et baptisée Linka. C’était une petite chatte noire et blanche au poil ras. Elle devint membre de la famille à part entière, c’est-à-dire placée sous la loi de notre mère omnipotente qui était du genre éducatrice compulsive aux sourcils froncés. Linka avait droit à la caisse avec les lambeaux de journaux dedans, les restes de la nourriture des humains et du mou de bœuf dimanche, c’est-à-dire du poumon que plus personne ne consommerait  aujourd’hui, je crois. Continue reading

Petit troupeau, grosse bergère.

Il y a deux ans, beaucoup de chattes harets ont accouché tardivement, et pour une deuxième fournée (hélas hélas). Les chatons d’automne survivent rarement, ils sont sevrés en pleine mauvaise période, perdent la protection et physique et biologique de leur mère et de son lait, et doivent commencer à se nourrir seuls quand la concurrence est forte pour la nourriture, quand les maladies diverses et variées les guettent avec le froid et la pluie, et quand ils ne connaissent pas encore très bien leur environnement : leur ordalie commence ou se termine au très mauvais moment. Continue reading