Véronique Vermeil

Etrangement, je commençais hier mon post par ceci : « Une pote peintre de ma mère avait l’habitude de dire, pendant ses longues périodes de dèche entre deux expos : « C’est pas parce qu’on est fauchés qu’il faut vivre comme des pauvres » ».

Quelques minutes après avoir ajouté mon article sur les amis du printemps 2017, coup de téléphone de mon frère : il venait d’apprendre la mort de notre Vévé.

C’est beau, non, d’être peintre et de s’appeler VERMEIL ?

Mon frère et moi avons grandi avec un père comédien, une mère sculpteur et une « tante » Vévé peintre. Nos regards sur le monde, sur l’art, sur la beauté, sur la vie en ont été profondément modelés. Et, portant en nous tellement de reconnaissance et de souvenirs, nous sommes désormais vraiment « orphelins ».P1300531

 

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Repose en paix, ma Vévé. Je suis sûre que ta palette incroyablement libre est celle du Paradis des Peintres dans lequel tu te balades, un petit whisky en main, fredonnant ces chansons rive gauche que tu chantais si bien…

Entre autres, cette chanson…

 

12 thoughts on “Véronique Vermeil

  1. Auteurs: Vidalie Albert

    Compositeurs: Golmann Stephane

    Le soleil luit
    Sur la ville et sur les champs
    Tout là-bas un paysan
    Suit sa charrue en chantant
    Deux messieurs bien
    Parlant de chasse et de chiens
    Dans un bar américain
    Boiv’nt le whisky du matin
    Un enfant bleu
    Dans son berceau de bois blanc
    Fermant ses yeux innocents
    Meurt tout dou tout doucement
    La Seine plie
    Sous le ventre des chalands
    Sur la berge deux enfants
    S’enlacent en souriant
    Cent mineurs crient
    Sous le poids d’un continent
    Là-haut pass’ un régiment
    Il y aura dix survivants

    Le soleil luit
    Sur la ville et sur les champs

  2. Belles, les peintures de « Vévé » et surtout le paysage de neige aux deux arbres noirs. Une soeur de ta mère ? That’s life, toujours plus orphelins…

    • nonon, une amie très chère, très proche, très durable. notre « tante » WW, d’où les «  ». oui, toujours plus orphelins. mais elle aussi, et c’est d’être tellement orpheline de ses amiEs de toujours qu’elle s’est éteinte. elle ne peignait plus, avait « tout dit », mais on sait bien marc et moi que non, pas du tout. je suis très très triste.

  3. De tout coeur avec toi, Sylvie…Que te dire de plus, ce sont des moments si inexprimables…
    Sa peinture si riche, colorée, et tout ce qu’elle t’a donné te suivront. Je t’embrasse très fort.

    • merci catherine. oui. j’ai le bonheur de vivre avec ces trois toiles, je les ai sous les yeux tous les jours, et en tête plein de souvenirs d’adolescence liés à elle vraiment chouettes, des rires, des expérimentations (je me rappelle quand elle nous faisait faire de la mosaïque, j’avais fait la fameuse proserpine de stabie (http://italie-chroniques.pagesperso-orange.fr/villa_san_marco_et_ariana.htm) qui était l’illustration de mon manuel de latin), plein de moments comme ça, le prélude à l’après midi d’un faune à pleins tubes dans son jardin en italie, pffff, ça remonte, ça se bouscule, des petits moments pas importants, mais qui brillent dans les fils de chaîne de ma vie.

      elle était copine avec colette magny, et nous faisait hurler de rire en nous racontant comment, véhiculant la grande (et grosse) chanteuse dans sa deuche, le poids de la belle avait carrément fait péter les amortisseurs… et pour péter des amortisseurs de deuche, fallait vraiment y aller !

      c’était une vraie pure parigote depuis des générations et des générations, genre espèce en voie de disparition, et ça avait été un vrai boulot de lui faire connaître la nature, les insectes. scène surréaliste, elle hurle à ma mère « noëlle, noëlle, viens achever cette fourmi, elle souffre ! », en fait une soldate surexcitée qui défendait son territoire minuscule.

      tout ça. et elle peignant, quand ma mère dans son atelier plus bas sculptait. le bruit des artisans, les odeurs. l’ambiance studieuse.

  4. j’imagine combien cela doit remuer de choses…je connais bien le tableau du milieu pour l’avoir vu souvent à St Luc…ou un qui lui ressemble …je t’embrasse tendrement…

  5. Le mot « vermeil » me fait immanquablement penser à « merveille ». Et la peinture de Véronique me rappelle certains tableaux de Nicolas de Staël.

    Ayant été confronté très récemment à la perte d’un être cher, mon père, je suis d’autant plus sensible à ta profonde tristesse. Et vu que nous ne sommes plus tout à fait de la 1ère jeunesse, chaque disparition nous renvoie à notre propre destinée, ce qui n’arrange rien.

    Mille baisers ma reine.

    • vermeil – merveille, oui. oh oui. une personne rare, vraiment. de staël aussi. parfois. je dois dire que sa palette et sa manière de voir les paysages sont mes filtres (un peu comme la situation grecque est mon filtre pour considérer la politique). c’est drôle, quand on essaie d’évoquer en soi le visage de nos morts, leur voix, leurs gestes, on « schématise » – son visage ? ses yeux, l’asymétrie. sa voix ? grave, un peu cassée, mais mélodieuse. ses gestes ? sa manière de marcher, de tenir sa clope. des flashes. tu crois que c’est ce qui restera de nous, après ?

  6. De tout mon cœur avec toi, chère Sylvie. Le tableau du haut me plaît beaucoup. Et tous ces souvenirs que tu nous fais partager, c’est si vivant! Je t’embrasse.

    • oui. le tableau d’en haut, c’est depuis le patio de la ferme dans les terres où ma grand-mère vivait vers calpe, en espagne, avec le penon de ifach en majesté en face. ma grand-mère, quel personnage aussi ! elle s’est démerdée pendant une 12aine d’années toute seule là-bas, sans bagnole, avec ses varices qui sifflaient et sa joie de vivre, n’utilisant qu’UN mot d’espagnol, « mucho », qui lui servait pour tout en l’accompagnant de gestes idoines. comme quoi les névroses familiales sont contagieuses, je me retrouve un peu dans une situation comparable… elle aimait bien revêtir sa robe longue blanche genre cantatrice, se mettre au bord de la terrasse qui plongeait vers la côte et le penon de ifach, et entonner « suuuuur la meeeeer calméééééeu, un jouuuur uneeeee fumééééée, monteraaaaa comme un blanc panacheuuuuu », et tout le monde aura reconnu madame butterfly : sur la mer calmée, ninon vallin

    • Si je m’en tiens à tous mes chers disparus, je me dis que ce qui me reste d’eux c’est le meilleur. Les ami(e)s, les proches… ce qui me vient quand je pense à l’un ou l’autre ce sont les qualités. Quid des défauts, inévitables, oubliés les points faibles, insignifiants. A quoi bon se souvenir sinon ?

      :-)

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